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7: Une carte de voeux neuromarketing

December 19, 2011      Lettres      Philippe Gouillou      no responses

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Comment créer un message qui active directement certaines zones du cerveau des mères, … et seulement elles ?

1. Une carte de voeux neuromarketing

Cette carte a été créée pour cibler précisément un type de clients (les mères) en utilisant des connaissances sur les spécificités de leur cerveau.

L’idée

  • Baraa crée des vêtements, tissus et accessoires modernes de luxe fabriqués de manière traditionnelle. Lors des salons (Maison & Objet, Côté Sud, etc.) elle s’était aperçue que son style attirait particulièrement les mères de famille.

  • Lors de leur première grossesse et peu après, les femmes connaissent un changement de leurs connexions neuronales (certains disent qu’il est aussi important que celui de la puberté mais ça me paraît survendeur…)

L’idée a donc été de cibler les femmes ayant eû un enfant en envoyant un message direct de protection :

  • Photo de Baraa avec son fils dans ses bras, tous deux enveloppés dans un plaid

  • Fond le plus neutre possible, ne laissant que le sol comme appui

  • Couleurs froides avec insistance sur les bleus

  • Message sur une conséquence de la protection : la douceur

Résultat

La carte a eû énormément de succès au point qu’une autre photo de la série a été utilisée sur des cartes 12×12 cm comme publicité au salon Maison & Objet de janvier 2011. Il n’y a pas eû de mesure (il s’agissait d’un test, pas d’une étude) mais la surveillance des personnes qui prenaient la carte ainsi que les commentaires reçus ont montré que c’étaient bien les mères qui étaient attirées, les autres (hommes et femmes sans enfants) restant plus froids.

Application pratique

Il ne s’agit là que de l’application la plus simple que l’on puisse faire de ces découvertes sur l’accès direct au cerveau : cette carte a un message particulièrement simpliste et elle n’incite pas à l’action, elle ne fait que laisser une image.

Mais c’est sa simplicité même qui fait son intérêt. Imaginez qu’une image atteigne aussi directement le cerveau mais qu’elle y active aussi le “Bouton Achat“, c’est-à-dire qu’en plus de laisser une image elle provoque aussi une pulsion : vous aurez une publicité moderne.

Photo : Natalia Mlodzikowska pour Baraa


2. Ailleurs : “Et maintenant, le « gène de l’impulsivité »…”

Jolie exagération journalistique dénoncée par Bertrand Jordan : la presse a annoncé avoir trouvé “Le gène de l’impulsivité” alors que

seuls 17 (sur 228) des « impulsifs » portent la mutation, qui, de plus, se retrouve tout de même chez 7 témoins sur 295. En d’autres termes, la très grande majorité (93 %) des « impulsifs » ne porte pas la mutation, qui par ailleurs n’est pas totalement absente des témoins…

Ce n’est vraiment pas la première fois et Bertrand Jordan rappelle même en note l’histoire du “Gène de l’homosexualité” :

“La publication scientifique de Dean Hamer avait pour titre A linkage between DNA markers on the X chromosome and male sexual orientation alors que l’écho paru dans le même numéro de Science s’intitulait Evidence for homosexuality gene…”

Le problème posé est double : tout d’abord, beaucoup vont croire ces rapports trompeurs et construire leurs opinions sur des bases fausses, ensuite beaucoup de ceux qui auront appris la fausseté des rapports perdront confiance dans les découvertes scientifiques.

Mais en fait il est rare de nos jours qu’une étude à elle seule donne des résultats beaucoup plus marqués : même si l’on trouve une validité statistique, le plus souvent les effets ne sont pas vraiment distincts.

En d’autres termes la valeur d’une étude per se est le plus souvent faible, c’est l’accumulation avec d’autres études et son insertion dans un cadre théorique qui permettent de l’exploiter.

Lien : Et maintenant, le « gène de l’impulsivité »… par Bertrand Jordan – SPS n° 297, juillet 2011

Photo : Bertrand Jordan, biologiste moléculaire, Directeur de recherche émérite au CNRS.


3. Actualité Pub : Un mannequin homme pour des Push-Ups

Andrej Pejic apparaît comme la preuve vivante que de ce que j’indiquais dans la Lettre 6 : les mannequins les plus cotés ressemblent à des garçons adolescents. Il vient d’être utilisé par la marque Hema pour vendre des soutiens-gorges.

Andrej Pejic est ce mannequin homme qui avait été nommé “98ème femme la plus sexy” par FHM et dont une photo torse nu avait été censurée par Barnes & Nobles.

Mais le plus impressionnant n’est pas tant son aspect féminin (“androgyne”), que le point auquel les mannequins les plus féminins lui ressemblent sur les signes masculins, comme dans cette publicité Jean-Paul Gaultier avec Karolina Kurkova, qui elle est un vrai mannequin lingerie :


Ou avec Ginta Lapina pour la (superbe) série “Gémeaux” de Sebastian Kim publiée dans le magazine Numéro #128 :

Une recherche sur Google Image en montre énormément d’autres.

Photos

Mise à Jour (27 juillet 2014)

Selon People, Andrej PEJIC est devenue Andreja PEJIC après une intervention chirurgicale début 2014.

Source : Andrej Pejic Now Andreja After Sex Reassignment Surgery – Health, Plastic Surgery : People.com. Blaine Zuckerman. People.com. July 24, 2014


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Citation de cette page :

(2011) : "Lettre Neuromonaco 7: Une carte de voeux neuromarketing". ( Neuromonaco. Retrieved from http://neuromonaco.com/lettres/lettre7.htm on 20 Dec 2014. 1033 words.

"[Lettre Neuromonaco 7: Une carte de voeux neuromarketing](http://neuromonaco.com/lettres/lettre7.htm)" Par Philippe Gouillou. _Neuromonaco_. 19 Dec 2011



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